Le 27 février 2026, la préfecture du Nord a fait connaître la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle pour dix-sept communes du département, dont Steenvoorde, Estaires, Watten et Thiennes, après un arrêté interministériel du 13 février 2026 publié au Journal officiel du 27 février 2026. Il s’agit de mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols, du 1er janvier au 31 décembre 2025. Les habitants concernés ont trente jours à compter de la publication pour se rapprocher de leur compagnie d’assurances.
Pour un propriétaire qui découvre une fissure dans un mur de briques ou un décollement entre une extension et la maison d’origine, cette annonce pose une série de questions très concrètes : ma commune est-elle concernée, que dois-je écrire à l’assureur, et comment savoir si la sécheresse est bien la cause ?
Ce que dit le régime des catastrophes naturelles
L’indemnisation passe par le régime légal des catastrophes naturelles. Il ne joue que si un arrêté interministériel reconnaît l’état de catastrophe naturelle pour la commune et pour la période où le phénomène s’est produit. Une fissure apparue dans une commune absente de la liste ne relève donc pas de cet arrêté, même si la cause réelle est la sécheresse.
Le délai compte beaucoup : le communiqué fixe trente jours à partir de la publication de l’arrêté pour contacter l’assureur. Mieux vaut donc réunir les éléments avant même la publication, dès que les désordres sont visibles : date d’apparition, photographies datées, évolution des fissures semaine après semaine, travaux récents autour de la maison.
Dans les faits, la démarche se déroule en quelques étapes. Le propriétaire vérifie d’abord que sa commune et la période figurent dans l’arrêté. Il adresse ensuite sa déclaration à son assureur, par écrit et avec des pièces, dans le délai indiqué. L’assureur mandate alors le plus souvent son propre expert, qui visite le bien et rend un rapport. C’est à ce moment qu’un document technique indépendant, décrivant l’état du bâtiment et ses désordres, peut aider à discuter sereinement des causes et des réparations.
Pourquoi les maisons du Nord sont concernées
Les sols argileux se rétractent par temps sec et gonflent quand ils se réhydratent. Selon le ministère de la Transition écologique, le retrait-gonflement des argiles représente 42 % des dommages assurés au titre du régime des catastrophes naturelles, et touche surtout les maisons individuelles, souvent posées sur des fondations peu profondes. Les mouvements sont lents mais inégaux : un angle de maison peut bouger quand l’autre reste stable, d’où des fissures en escalier ou en biais.
Fissure ou désordre structurel : comment faire la part des choses
Toutes les fissures ne se valent pas. Une microfissure d’enduit liée au séchage n’a pas la même portée qu’une fissure traversante qui s’élargit. Une expertise du bâtiment sert à observer l’ouvrage, à situer l’origine probable des désordres (sol, fondations, structure, eau, défaut d’exécution) et à décrire ce qui est visible, de manière utilisable face à un assureur. Lorsque l’origine est géotechnique, elle peut être complétée par un diagnostic du sol.
Une contre-expertise peut aussi se justifier lorsque le rapport de l’assureur ne vous paraît pas répondre à toutes vos questions, par exemple sur la cause retenue ou sur les travaux de reprise envisagés.
Prévenir plutôt que subir
Pour les maisons existantes, les mesures de prévention portent sur la gestion des eaux, la végétation et l’imperméabilisation autour des fondations. L’État a aussi lancé en octobre 2025 un fonds expérimental dans onze départements, destiné aux maisons individuelles non mitoyennes de deux niveaux au plus, construites avant 2010, sous conditions de ressources.
Si vous constatez des fissures, la page expertise des fissures dans le bâtiment explique la démarche. Pour comprendre l’état des fondations, voyez l’expertise des fondations, et pour le dialogue avec votre assureur, la page contre-expertise d’assurance.